Ensemble, agissons en France et en Israël


Au sortir de la seconde guerre mondiale, le Fonds Social Juif Unifié naît de la volonté commune de fondateurs et d’institutions juives de l’époque- inspirés par le modèle associatif américain – de doter la communauté juive française d’une institution centrale, nécessaire à sa reconstruction.

Le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) est officiellement créé le 15 février 1950, sous la direction de Julien Samuel et la présidence de Guy de Rothschild.

Les années 50 : L’urgence des rescapés de la Shoah

Le Fonds Social Juif Unifié, dès sa création, est un regroupement d’associations, endossant le rôle d’organe de collecte et de pôle d’impulsion et de planification de projets, en fonction des besoins de la communauté.

Les années 50 sont marquées par une première urgence : la reconstruction de la communauté juive de France après la Shoah et l’aide aux réfugiés et aux orphelins de guerre.

D’autant que la crise de Suez, en 1956, entraîne une nouvelle vague de réfugiés en provenance d’Egypte et d’Europe de l’Est.

Le FSJU développe un dispositif social d’urgence, répondant à ces priorités : les maisons d’enfants pour orphelins et le service d’accueil et d’aide aux réfugiés.

L’Association Sociale pour l’Habitat (ASH) est créée en 1956.

Parallèlement, le Bureau des spoliations mobilières (BSM) est créé par le FSJU en 1958. Il permettra d’obtenir de l’Allemagne l’indemnisation de près de 11 000 familles juives spoliées durant la guerre.  

Le développement des centres communautaires, permis notamment par le Plan Claims, est également mis en œuvre et se traduira par l’inauguration de 60 nouveaux locaux communautaires.

Sur le plan culturel, la Revue du Judaïsme Français et la Commission du Livre sont lancés.  

 

Les années 60 : La création de l’AUJF

Dans les années 60, l’afflux des Juifs d’Afrique du Nord fait quadrupler la population juive en France.

Le Bureau d’Information et d’Orientation (BIO) est créé en 1961 pour organiser l’accueil des populations déplacées et pose les jalons de la coopération en matière de solidarité avec l’Etat.  

La Guerre des Six Jours, en 1967, est révélatrice de la place centrale acquise par le Fonds Social Juif Unifié, coordonnant l’élan de solidarité de la Diaspora pour Israël.

L’idée d’une collecte unifiée, pour la communauté et pour Israël conduit ainsi à la fondation de l’Appel Unifié Juif de France (AUJF) en 1968.  

Durant cette décennie, la Coopération Féminine est également créée (1967).

Sur le plan du développement communautaire et culturel, le DEJJ (mouvement de jeunesse) est implanté en France pour faciliter l’intégration des Juifs d’Afrique du Nord.

En 1965, sous l’impulsion de Léon Askénazi, le Centre Universitaire d’Etudes Juives (CUEJ) voit le jour.

La communauté se structure autour de trois grandes institutions : le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) pour la représentation politique, le Fonds Social Juif Unifié pour la coordination des programmes sociaux, culturels et éducatifs et leur financement et les Consistoires pour le culte.

 

Les années 70 : le nouveau visage de la communauté

La solidarité avec Israël et la nécessaire action pour la liberté des Juifs d’URSS sont au cœur des préoccupations de la communauté et des institutions juives durant les années 70.

Un accord de coopération avec l’Agence Juive dans les domaines de l’enseignement de l’hébreu, de l’information sur Israël et de l’Alyah est signé en 1976 et de grands rassemblements de soutien à Israël sont organisés. Tout en étant à la pointe de ces grandes causes, le FSJU poursuit néanmoins le travail à long terme engagé pour édifier « une communauté forte ». Le dispositif social est ainsi étendu dans les villes de Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Nice et des initiatives sont concrétisées, notamment dans le domaine de l’aide aux personnes âgées.

Alors que le centre Rachi est inauguré en 1975, le FSJU, avec l’Agence Juive, lance une initiative majeure : le Fonds d’Investissement Pour l’Education (FIPE), un plan quinquennal visant à développer les structures éducatives de la communauté.

 

Les années 80 : Crise économique et solidarité

La récession économique qui touche l’ensemble du monde occidental et la France engendre un retour de la précarité conjugué à une montée de l’extrême droite.

Le Fonds Social Juif Unifié des années 80 doit répondre à de nouveaux défis. Les programmes de solidarité, les méthodes de l’action sociale évoluent.

L’action du Fonds Social Juif Unifié s’insère dans le dispositif social national. Des partenariats sont noués avec de grandes fédérations pour créer la Fondation France Active et lutter contre le chômage.

Le FSJU est reconnu dans son rôle de tête de réseau par le ministère des Affaires Sociales qui lui attribue une subvention annuelle dans le cadre du Plan « Pauvreté – Précarité ».

L’Institution est officiellement reconnue d’utilité publique en 1985.

Sur le plan culturel, Radio Communauté (qui deviendra RCJ) est créée en 1981.

Le développement des structures et outils éducatifs se poursuit, notamment via le FIPE 2, la création du DUEJ (Diplôme Universitaire d’Etudes sur le Judaïsme) ou le PACEJ (Programme de Coopération pour l’Education Juive).

Parallèlement à la demande de reconnaissance d’utilité publique, les statuts du Fonds Social Juif Unifié subissent en 1984 une nouvelle modification qui renforce son rôle fédérateur : le regroupement des associations adhérentes dans les Groupements d’Intérêt Communautaire (GIC). 

 

Les années 90 : Création de l’Appel national pour la tsédaka

Sur le plan économique et social, les années 90 sont marquées par l’aggravation de la crise, par la montée du chômage et son corollaire, la précarité.

Conséquemment, le nombre d’associations sociales explose.

Le FSJU, dans ce contexte, va augmenter ses efforts en matière de solidarité communautaire, en lien avec les pouvoirs publics (Plan Emploi Jeunes) et le tissu associatif.

Le Réseau Ezra, avec pour vocation d’être un lien permanent entre les communautés locales et les services sociaux, est créé en 1990. Son action repose sur l’aide de bénévoles formés à l’accueil social, appuyés par des professionnels.

L’Appel national pour la tsédaka, une campagne de collecte dédiée exclusivement au social est créée à l’hiver 92.

La campagne, avec la participation active de tous les médias, avec ses centaines de centres de dons, avec ses dizaines d’écoles et de mouvements de jeunesse mobilisés, avec l’appui des Consistoires et des organisations religieuses, avec ses centaines de bénévoles, est devenue un rendez-vous de solidarité nationale.

Sur le plan éducatif, le FSJU crée l’Institut André Neher en 1993. Il obtient du ministère de l’Education nationale le statut de Centre de Formation Privé, ce qui lui permet, pour certaines catégories d’enseignants, de délivrer des diplômes d’État.

Parallèlement, le FSJU négocie avec le ministère de l’Education Nationale, en sus des contrats d’association, un plan de stabilisation de l’école juive qui apporte chaque année une aide aux établissements scolaires en difficulté.

 

Les années 2000 : Une nouvelle dynamique

Le 11 septembre 2001, qui inaugure tristement la décennie, n’a été que le prélude d’années marquées du spectre du terrorisme. La menace islamiste et l’antisémitisme se matérialisent par de nombreux attentats à travers le monde et en France.

La communauté juive de France est durement touchée par les attentats de Toulouse contre l’école Ozar Hatorah, l’assassinat d’Ilan Halimi et les attentats d’HyperCacher, à l’image d’une France meurtrie par le terrorisme.

Face à la résurgence de l’antisémitisme en France, les Juifs vivent aujourd’hui dans l’insécurité et la peur, couplés à une précarité grandissante.

S’adapter à l’environnement, comprendre les besoins pour y répondre, imaginer et innover, fédérer, élaborer des synergies, représenter la Communauté, dans ce contexte, sont autant de missions pour le Fonds Social Juif Unifié.

Le FSJU renforce son rôle de tête de réseau associatif et, dans le même temps, multiplie les initiatives.

Les années 2000 voient la création de nouveaux programmes, comme Latalmid (bourses cantine pour enfants défavorisés et soutien socio-médical), le Fonds d’Urgence Solidarité ou les bourses vacances.

En matière éducative, la Fondation Gordin pour l’immobilier scolaire est créée avec des partenaires.

Le Festival des Cultures Juives devient un événement culturel parisien majeur, inscrit au calendrier officiel de la Ville de Paris. Akadem, le campus culturel numérique, se développe avec succès…

Priorité du mandat d’Ariel Goldmann, l’action pour la jeunesse prend une nouvelle dimension avec le programme NOÉ (appels à projets et incubateur NOÉ, soutien aux mouvements de jeunesse, bourses vacances NOÉ…) mené avec les fondations partenaires (FMS, Sacta-Rachi, IAR-Rothschild, Fondation du Judaïsme Français…)

Sur le plan institutionnel, un rapprochement stratégique s’opère avec la Fondation du Judaïsme Français, qui devient au fil des ans le premier partenaire financier du Fonds Social Juif Unifié.

Par ailleurs, des contraintes diverses amènent à une séparation avec le Keren Hayessod, organe de collecte de l’Agence juive, qui était, depuis 1968, associé au Fonds Social Juif Unifié, au sein de l’Appel Unifié Juif de France.

L’analyse du FSJU dans sa relation très étroite avec Israël évolue. La philosophie est de se rapprocher des grandes associations et fondations israéliennes, qui œuvrent sur le terrain en direction des populations en difficulté.

Il s’agit d’être au plus près des besoins sociaux et humanitaires en Israël, pour y répondre avec efficacité, transparence et traçabilité. 


Le groupe Fonds Social Juif Unifié