Sud-Ouest

Le mot d’Yvan Levy (Toulouse)
Président du comité régional Sud Ouest du FSJU

Le FSJU, une institution moderne élevée sur les fondations de la tradition juive

yvan-levy

Chaque juif de France, même s’il l’ignore, a des raisons d’être fier de l’existence de cette magnifique institution qu’est le FSJU.

Cette organisation, tendue vers l’avenir, en exigence permanente des concepts les plus avancés de la modernité, qui plonge ses racines dans les principes fondamentaux de la tradition et la philosophie juives, constitue, avec les consistoires (mission cultuelle) et le CRIF (mission « politique), l’un des trois piliers de la vie juive institutionnelle en France.

Elle a pris en charge, depuis maintenant soixante ans, autant le culturel, c’est-à-dire l’identité, l’éducation, la vie communautaire, que le social, c’est-à-dire la solidarité, l’écoute, la Tsédaka, l’exigence de dignité.

Or, et c’est là un paradoxe, cette institution semble bien ne pas bénéficier, au sein de la communauté, de la notoriété qui lui est due, et c’est un privilège, autant qu’un devoir, de rappeler, ou de faire découvrir, ce qu’est le Fonds Social Juif Unifié,

AVIV MAG a ouvert ses colonnes pour que, désormais, et au fil de plusieurs bulletins futurs, nul n’ignore plus pourquoi il peut concevoir fierté à propos du FSJU et reconnaissance pour tous ceux qui ont contribué à cette œuvre, et poursuivent leur tâche jour après jour.

Une histoire qui commence en 1950…

En 1950, le Fonds Social Juif Unifié est créé comme un regroupement d’associations, organe de collecte, pôle d’impulsion et de planification.
Pendant les années 50, le judaïsme français soigne, autant que faire se peut, les plaies douloureuses, encore ouvertes de la Shoah.
Les années 60 vont transformer très profondément la communauté juive française qui, en quelques années, quadruple sa population avec l’arrivée des juifs d’Afrique du nord.

Le Fonds Social Juif Unifié procède dans les années 70 à l’extension du dispositif social, notamment à Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice et Strasbourg.

Dès le début des années 80, s’opère un changement d’atmosphère. La France s’enfonce dans une récession durable qui se traduit par une aggravation du chômage et un retour de la précarité et de la pauvreté.

Le spectre du communautarisme effraye la classe politique et médiatique française pendant la décennie 90 en raison surtout des problèmes liés à l’intégration des immigrés et de la montée d’un intégrisme musulman.

Cette situation affecte parfois la perception que les pouvoirs publics peuvent avoir des organisations communautaires juives.
Dans les années 2000, le Fonds Social Juif Unifié poursuit sa mission, intégrant les nouvelles problématiques sociétales dans ses actions, notamment les difficultés nées de la monoparentalité et du développement des maladies neuro-dégénératives.

Social, Culture, Enseignement, Jeunesse…

Le Fonds Social Juif Unifié, reconnu d’utilité publique, fédère, comme tête de réseau, 239 associations adhérentes. Il soutient chaque année, par ses services et subventions, 500 programmes associatifs dans les domaines de la solidarité et de l’identité. Son exécutif est élu par un corps électoral composé de 40 000 donateurs.

Le Fonds Social Juif Unifié est l’interlocuteur des pouvoirs publics et des collectivités territoriales. Il représente les associations juives dans les domaines du social, de la culture, de l’enseignement et de la jeunesse.
Le budget annuel global moyen du Fonds Social Juif Unifié est de 15 millions d’euros. Les ressources financières proviennent de dons, de legs, de subventions publiques et privées.

Opérateur de programmes, le FSJU prend l’initiative

Le Fonds Social Juif Unifié est à l’écoute des mutations de la société, de l’apparition et de l’évolution des besoins. Cette fonction de veille conduit à la mise en œuvre de programmes innovants. D’une part, ces actions ne sont pas déployées aujourd’hui par une association, d’autre part, elles présentent un caractère de transversalité et ne pourraient être conduites par un seul opérateur.
Des programmes scolaires comme Latalmid (pour l’élève), Samekh (confiance), Main dans la main pour réussir, des programmes pour les personnes âgées comme Prévenance, des programmes sociaux comme le Microcrédit personnel, le Réseau EZRA, Passerelles, des services sociaux polyvalents comme Casilille (Lille), Casim (Marseille), Casin (Nice), Casit (Toulouse), Casil (Lyon) et l’ASJ (Strasbourg) sont créés et accompagnés par le Fonds Social Juif Unifié.

Tête de réseau associatif, le FSJU distribue finances, conseils, crédit.

Hormis les missions d’observation des besoins, de communication sociale et de financement de programmes associatifs, le Fonds Social Juif Unifié s’illustre tout particulièrement par son travail de tête de réseau, d’expert et de conseils. Sous son égide, les associations sociales juives agissent en réseau, en connexion avec les autres associations sociales françaises et les associations et fédérations européennes et internationales.

Les axes principaux sont l’observation et l’analyse des besoins, la coordination et l’animation du réseau associatif, la planification stratégique, l’orientation et l’accompagnement social, la communication sociale grand public, l’expertise, l’ingénierie et la formation, l’évaluation et les pratiques d’autoévaluation et enfin le soutien à l’emploi dans les associations.

En 2009, le montant des subventions accordées était de 2 661 000 euros, pour un total de 169 programmes associatifs, dans le domaine du social.

Ce tour d’horizon laisse entrevoir l’extraordinaire activité du Fonds Social.