Histoire du FSJU

Les années 50

Une communauté de survivants

Pendant les années 50, le judaïsme français panse, autant que faire se peut, les plaies douloureuses de la Shoah.

Les premières années d'Israël, la reconstruction en France

L'avenir ne peut se concevoir sans lien avec le nouvel État d'Israël. Dès 1950, l’idée d’une collecte de fonds commune entre la France et l'Agence Juive voit le jour.

L'aide de la communauté américaine et le rôle du "Joint"

L'appui décisif vient de la communauté américaine. Le concept d'un Fonds Social Juif Unifié est inspiré des fédérations américaines. Le Fonds Social Juif Unifié est créé comme un regroupement d'associations, comme un organe de collecte et comme un pôle d'impulsion et de planification de projets.

L'urgence de l'heure : les orphelins, les réfugiés

Les enfants orphelins de la guerre sont la première préoccupation du Fonds Social Juif Unifié. Mais les adultes, les familles dispersées et disloquées et déjà, les premiers réfugiés, qui affluent d'Europe de l'Est, de Hongrie et d'Egypte après la crise de Suez en sont une autre.

La première structuration du dispositif social

Le dispositif social se structure alors autour des programmes d'action dictés par les urgences de l'heure: les maisons d'enfants qu'il faut créer ou développer et le service d'accueil et d'aide aux réfugiés. Le Fonds Social Juif Unifié crée en 1956 l'Association Sociale pour l'Habitat. L'ASH s'insère dans le cadre de la nouvelle législation du 1 % logement.

Le premier centre communautaire

Un centre communautaire organisant des programmes culturels et artistiques tout en étant un lieu de rencontres, d'échanges, voire même d'étude, est un concept qui n'existait pas à l'époque en France. S'inspirant du modèle américain et l'adaptant à une autre réalité, le Fonds Social Juif Unifié invente le centre communautaire à la française dont le prototype est créé à Paris, rue Notre Dame des Victoires en 1955.

Le Bureau des spoliations mobilières

En 1958, le Fonds Social Juif Unifié crée le Bureau des spoliations mobilières pour obtenir du gouvernement allemand l'indemnisation des familles juives spoliées pendant l'occupation. En plus de 15 ans, le BSM va permettre à plus de 11000 familles d'être indemnisées. Un travail pris en compte par la commission Mattéoli.

Le plan Claims

Dès le début des années 50, le Fonds Social Juif Unifié estime que l'émergence d'une communauté nouvelle nécessite une politique culturelle active. Une partie des fonds des réparations allemandes est consacrée à un plan d'action culturelle qui, en 10 ans, permettra l'ouverture de plus de 60 nouveaux locaux communautaires.

L'Arche et la commission du livre

D'autres innovations marquantes sont encore à relever pour cette décennie : le lancement de la revue du judaïsme français qui deviendra L'Arche et de la commission du livre, présidée à l'époque par Manès Sperber qui, avec l'appui des éditions Albin Michel publie des auteurs juifs. La commission du livre se constituera plus tard en association sous le nom de Ménorah.

Les années 60

L'afflux de populations, les Juifs d'Afrique du Nord

Les années 60 vont transformer très profondément la communauté juive de France qui, en quelques années, voit sa population quadrupler avec l'arrivée des Juifs de Tunisie, d'Algérie et du Maroc. Cette configuration fait de la communauté française un cas unique parmi les communautés de la diaspora.

La guerre des six jours

A cette profonde transformation au plan de la démographie et de la sociologie s'ajoute un choc psychologique et identitaire qui touche tous les Juifs de France, quelle que soit leur origine : la guerre des six jours. Pour la première fois, les Juifs sortent dans la rue en tant que Juifs, pour exprimer collectivement leur solidarité avec Israël.

L'accueil exemplaire des réfugiés

L'action du Fonds Social Juif Unifié est pendant toute la décennie 60 dominée par la question de l'accueil des nouvelles populations. Dès 1961, après la crise de Bizerte, est créé le BIO, Bureau d'Information et d'Orientation, qui organise et coordonne l'accueil des populations déplacées. L’effort d'intégration communautaire conduit par le Fonds Social Juif Unifié facilite les relations entre séfarades et ashkénazes.

Les premières prises en charge par les pouvoirs publics

Le travail social réalisé contribue à démontrer aux pouvoirs publics l’efficacité du dispositif de solidarité au sein du judaïsme français. Les jalons d'une plus grande coopération avec les ministères et les collectivités territoriales sont posés.

La suite du plan de développement culturel

La charge de l'accueil et de l'intégration des populations transplantées ne conduit pas le Fonds Social Juif Unifié à renoncer au développement des programmes culturels et éducatifs. Le plan mis en œuvre se poursuit jusqu'en 1964.

Le DEJJ

L'idée d'une dimension culturelle et éducative de l'intégration est présente dans l'esprit des responsables du Fonds Social Juif Unifié de l'époque comme le démontre l’expérience du DEJJ, mouvement de jeunesse créé au Maroc et littéralement transplanté en France à la demande du Fonds Social Juif Unifié pour aider à l'intégration des jeunes des familles récemment installées.

La création et le développement du CUEJ

La politique culturelle du Fonds Social Juif Unifié des années 60 ne manque pas d'audace. Elle se fonde sur l'idée défendue par Léon Askhénazi, que la pensée juive, celle des textes de la Tradition, n'a rien à envier aux brillantes élaborations intellectuelles de la philosophie occidentale. Dans cette perspective est créé en 1965, le Centre Universitaire d'Etudes Juives, le CUEJ.

Les développements nouveaux dans l'éducation informelle

La Coopération Féminine

En 1966 s'est créée la Coopération Féminine, concept en rupture avec l'institution traditionnelle des dames de charité agissant en marge des responsables masculins. Très vite, les responsables de la coopération féminine s'investissent dans les instances dirigeantes du Fonds Social Juif Unifié.

Le Fonds Social Juif Unifié, structure naturelle de solidarité avec Israël

La guerre des six jours est le révélateur de la place centrale acquise par le Fonds Social Juif Unifié, non seulement grâce à son dispositif facilitant le rassemblement des forces vives, mais aussi par sa capacité à agir efficacement notamment en matière de collecte de fonds. Sous l'impulsion du Fonds Social Juif Unifié se crée, avec les autres grandes institutions un comité de coordination, véritable état-major de toutes les actions, manifestations, publications, initiatives diverses organisées pour aider Israël.

L'AUJF

L'idée d'une collecte unifiée, pour la communauté et pour Israël refait surface et conduit à la création de l'AUJF en 1968. C'est la création d'un organisme nouveau dans lequel le Fonds Social Juif Unifié et l'Agence Juive sont partenaires, ceci dans le cadre juridique et administratif du Fonds Social Juif Unifié.

Le CRIF

Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France est créé au cœur même de la Shoah. La fin de la guerre des Six Jours et l'antisémitisme éprouvé par les Juifs dans les pays arabes sont déterminants pour faire entendre la voix de la communauté juive.

Le partage des rôles entre les grandes institutions

Le choc de 1967 conduit à la structuration effective de la communauté autour de trois grandes institutions: le CRIF pour la représentation politique, le Fonds Social Juif Unifié pour la coordination des programmes sociaux, culturels et éducatifs et leur financement et les Consistoires pour le culte.

Les années 70

Israël au cœur de l’identité juive, le combat pour la liberté des Juifs d'URSS

Ce qui motive à l'époque la grande majorité des militants et les responsables communautaires est relativement peu en rapport avec les problèmes spécifiques de la communauté française. La solidarité avec Israël est au cœur des préoccupations avec en deuxième plan l'action pour la liberté des Juifs d'URSS. Tout en étant à la pointe de ces grandes causes, le Fonds Social Juif Unifié poursuit néanmoins le travail à long terme engagé pour édifier "une communauté forte".

L’extension du dispositif social

Le Fonds Social Juif Unifié procède dans les années 70 à l'extension du dispositif social, notamment dans villes de Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice. A Paris, le suivi des populations récemment déplacées a été confié au CASIP, pour décharger le COJASOR qui continue à assumer la charge de l'aide aux survivants de la Shoah et aux déplacés d'Europe de l'Est. Le travail social communautaire se professionnalise et un réseau d'assistantes sociales parfaitement formées se met en place.

Les initiatives en faveur des personnes âgées

Un effort particulier est entrepris pour les personnes âgées. Le Fonds Social Juif Unifié lance avec l'aide de l'ASH la construction de nouvelles résidences pour personnes âgées dans le sud de la France, à Marseille et à Nice, dont la gestion est prise en charge par le COJASOR. Parallèlement, sont créés les Clubs de l'amitié avec la Coopération Féminine.

Le Centre Rachi

La décennie 70 est marquée par des initiatives majeures. Le centre Rachi est inauguré en 1973 et permet l'accueil des étudiants ainsi que le rayonnement de la culture juive sous toutes ses formes.

Les accords de coopération avec l'Agence Juive

L'identité juive des années 70 s'exprime surtout dans la relation avec Israël. Une étape nouvelle est franchie dans le développement des liens avec Israël par la signature en 1976 d'un accord de coopération avec l'Agence Juive dans les domaines de l'enseignement de l'hébreu, de l'information sur Israël, et même de l'alyah, en plus de la collecte unifiée, Les centres communautaires du réseau du Fonds Social Juif Unifié deviennent des bases locales pour l'application de ce plan sur le terrain.

Le Fonds d'investissements pour l'éducation

L'événement majeur de la période est le lancement du Fonds d'investissements pour l'éducation, partenariat entre le Fonds Social Juif Unifié et l'Agence Juive pour développer les structures éducatives de la communauté et notamment doubler en quelques années les effectifs des écoles juives.

Les grands rassemblements pour Israël

La forte présence d'Israël dans l'expression collective de la communauté est massivement démontrée par la succession au cours de la décennie 70 de grands rassemblements de type "24 heures pour Israël" ou "Shalom Israël", dans lesquels le Fonds Social Juif Unifié est très impliqué.

Le nouveau visage de la communauté

On parle volontiers à la fin des années 70 d'un "nouvel âge d'or " de la communauté juive de France. Elle semble se caractériser par un équilibre entre la vigueur dans l'affirmation de son identité et la réussite de son intégration dans la société.

La fin de l'Israélite français

L’israélite français est devenu le Juif de France.

Les années 80

La nouvelle pauvreté et le chômage

La sérénité de la fin des années 70 est ébranlée dès le début des années 80. Plusieurs facteurs provoquent un "changement d'atmosphère". Tout d'abord, la France s'enfonce dans une récession durable qui se traduit par une aggravation du chômage et un retour de la précarité et de la pauvreté. Les difficultés économiques touchent d'abord les populations les plus fragiles comme les immigrés récents.

La montée de l'extrême droite

Le deuxième facteur est la montée de l'extrême droite et l'atmosphère malsaine que ce phénomène suscite dans la classe politique.

La question de la laïcité

Le troisième facteur est la résurgence de la question de la laïcité en France et du statut de l'école privée religieuse.

La "recherche des racines"

Le mouvement de Techouva, dans bien des cas, y compris au niveau d'institutions importantes de la communauté, conduit à une crispation identitaire et suscite des clivages jusque-là marginaux.

La modification de l'image d'Israël

À partir de 1982 avec la guerre du Liban et le développement de l'Intifada, l'image d'Israël se détériore, y compris dans la communauté et le caractère de référence identitaire presque unique qu'est Israël tend à s'affaiblir.

Adapter le travail social communautaire à la crise économique

Le Fonds Social Juif Unifié des années 80 doit répondre à de nouveaux défis. Ils ne sont pas suscités par des événements spectaculaires mais se présentent comme des problèmes complexes dont la résolution immédiate n'est pas toujours aisée. Les programmes de solidarité, les méthodes de l'action sociale évoluent.

L'insertion dans le dispositif social national

Les nouveaux problèmes ne concernent pas seulement la communauté juive et il faut davantage insérer l'action du Fonds Social Juif Unifié dans le dispositif social national. Pour la première fois, la communauté juive, à travers le Fonds Social Juif Unifié, est partenaire de plusieurs grandes fédérations catholique, protestante et laïque ainsi que de la Fondation de France pour créer en 1988 une institution d'envergure nationale, la Fondation France Active, destinée à participer à la lutte contre le chômage. Pour la première fois aussi, le Fonds Social Juif Unifié est officiellement reconnu dans son rôle de tête de réseau, par le ministère des affaires sociales qui lui attribue directement une subvention annuelle dans le cadre du Plan "Pauvreté - Précarité". Le Fonds Social Juif Unifié s'engage en contrepartie, avec les associations sociales adhérentes, à participer à la réalisation de la politique sociale menée par les pouvoirs publics.

Les problèmes sociaux de la communauté

Le public et de nombreux responsables communautaires ont du mal à prendre conscience de l'existence de problèmes sociaux douloureux dans la communauté, liés à la misère, à la drogue, à la délinquance ou encore au handicap.

Le plan de formation des cadres communautaires

En 1981, le Fonds Social Juif Unifié lance un plan de formation des cadres communautaires afin de doter la vie associative de ressources humaines professionnelles.

La création de Radio Communauté

Toujours en 1981, le Fonds Social Juif Unifié crée une des premières radios juives, Radio Communauté qui joue un rôle pilote auprès de la plupart des radios juives qui se créent par la suite en province. Par la suite Radio Communauté deviendra RCJ.

Le PACEJ

En 1983, avec le Grand Rabbin Sirat qui vient d'être élu, est créé le Programme de Coopération pour l'Éducation Juive, le PACEJ qui, pendant quelques années, produit notamment d'indispensables manuels scolaires.

Les assises de la jeunesse

En 1984 se tiennent à Hyères les premières assises de la Jeunesse qui conduisent à la création du FIPE no 2 destiné à renforcer les structures de l'éducation informelle.

Création du DUEJ

En 1984, le Fonds Social Juif Unifié, le Centre Rachi et la Sorbonne créent le Diplôme Universitaire d'Etudes sur le Judaïsme.

Am Ehad

En 1985 est lancé un programme original de coopération avec Israël, à travers de nouveaux interlocuteurs : les responsables des collectivités locales et territoriales d'Israël. Le programme Am Ehad réalise des jumelages entre communautés et villes israéliennes et permet des échanges intéressants.

Le mouvement intercommunautaire

De nouveaux responsables communautaires issus des mouvements de populations des années 60 apparaissent dans les quartiers des grandes villes et dans les banlieues autour de nouvelles synagogues et associations culturelles. En Ile de France, sous l'égide du Fonds Social Juif Unifié, se constitue dès la fin des années 70 un mouvement de coopération, d'échanges, de réalisation de programmes éducatifs et culturels devient plus tard une union intercommunautaire.

La reconnaissance d'utilité publique

La reconnaissance est obtenue en 1985.

La mise en place d'outils fédérateurs (GIC)

Parallèlement à la demande de reconnaissance d'utilité publique, les statuts du Fonds Social Juif Unifié subissent en 1984 une nouvelle modification qui renforce son rôle fédérateur : le regroupement des associations adhérentes dans les Groupements d'Intérêt Communautaire, les GIC.

Les tensions entre techouva et citoyenneté

Dans les années 80, la communauté juive de France semble avoir été marquée par une tension entre identité et citoyenneté ou entre Techouva et République.

La réponse du Fonds Social Juif Unifié

Le renouveau identitaire du judaïsme français doit nécessairement être conduit en harmonie avec une intégration de la communauté dans la Cité, sans complexe mais aussi sans ostentation.

Les années 90

Le spectre du communautarisme

Le spectre du communautarisme effraie la classe politique et médiatique française en raison des problèmes liés à l'intégration des immigrés et la montée de l'intégrisme musulman. Cette situation affecte parfois la perception que les pouvoirs publics peuvent avoir des organisations communautaires juives.

L'explosion du mouvement associatif

Plusieurs dizaines de milliers d'associations se créent chaque année en France. Ce phénomène modifie profondément la conception jacobine de la citoyenneté qui veut qu'entre l'Etat et le citoyen, il y ait peu de corps constitués. L'association acquiert une légitimité citoyenne. Pour la communauté, dont les structures sont associatives, cette évolution est de nature à favoriser son intégration dans la Cité.

La persistance de la crise économique

Au plan économique et social, la période est dominée par l'aggravation de la crise, par la montée du chômage, par la réapparition d'une misère qui se voit désormais dans les rues des villes. Une situation qui va amener le Fonds Social Juif Unifié à accentuer ses efforts en matière de solidarité communautaire.

Le monde bouge

Des événements majeurs se produisent au plan international. L'effondrement du bloc soviétique et l'alyah massive des Juifs de l'ex URSS, la mise en œuvre difficile du processus de paix au Proche Orient et la croissance économique d'Israël contribuent à modifier l'image de l'Etat juif.

Le réseau Ezra

Les présidents et administrateurs des communautés des banlieues des grandes villes sont confrontés, de plus en plus, à des situations sociales graves et mesurent les limites d'une aide ponctuelle. Un lien permanent entre les communautés locales et les services sociaux est créé en 1990, le réseau Ezra. Son action repose sur l’aide de bénévoles formés à l'accueil social, appuyés par des professionnels.

L'Appel national pour la tsédaka

A l’initiative du GIC social, est lancé en 1992 l'Appel national pour la tsédaka. La campagne, avec la participation active de tous les médias, avec ses centaines de centres de dons, avec ses dizaines d'écoles et de mouvements de jeunesse mobilisés, avec l'appui des Consistoires et des organisations religieuses, avec ses centaines de bénévoles, est devenue un rendez-vous communautaire national incontournable.

Le plan Emploi Jeunes

La fin de la décennie 90 a été marquée par la signature, entre le ministre de la Solidarité et le Fonds Social Juif Unifié, d'un accord-cadre permettant aux associations de la communauté de bénéficier du Plan Emploi Jeunes. L'objectif : faciliter la création d'emplois dans les associations et obtenir à ce titre des subventions sur une durée de cinq ans. Plus de 250 emplois ont été créés notamment dans l'éducation formelle et informelle, ce qui renforce considérablement la capacité opérationnelle de nombreuses associations.

L'institut André Neher

Le Fonds Social Juif Unifié s'est employé à doter la communauté d'un centre de formation d'enseignants. L'institut André Neher est créé en 1993 et obtient du ministère de l'éducation nationale le statut de Centre de Formation Privé, ce qui lui permet, pour certaines catégories d'enseignants, de délivrer des diplômes d'État et de bénéficier d'un financement public. Des établissements de toutes les tendances ont recours à ses services.

Le plan de stabilisation de l'école juive

L'exigence de qualité de l'enseignement concerne tous les programmes : enseignement général et éducation juive. La meilleure garantie qui puisse être donnée aux parents d'élèves est le contrat d'association avec l'État. Il permet le financement public des programmes d'enseignement général. L'obtention de postes sous contrat devient au milieu des années 90 particulièrement difficile en raison de restrictions budgétaires, et cette situation met l'école juive en danger d'asphyxie financière. Le Fonds Social Juif Unifié négocie, au nom de l'ensemble des réseaux scolaires réunis dans une commission de concertation, avec le ministère de l'Education Nationale un plan de stabilisation de l'école juive qui apporte chaque année une aide aux établissements scolaires en difficulté. L'exigence de qualité touche aussi les centres communautaires qui entreprennent, du moins pour les plus grands d'entre eux, rénovations et relogements dans des locaux plus spacieux et mieux adaptés. Toulouse, Marseille, Paris, Lyon disposent aujourd'hui d'équipements grâce à une mobilisation remarquable de bénévoles enthousiastes et de donateurs généreux.

Le nouvel Espace Rachi

La restructuration de l'Espace Rachi participe de ce mouvement mais repose sur un concept différent et nouveau dans la communauté : l'installation des sièges des grandes organisations communautaires au cœur d'un lieu public d'activités culturelles et éducatives.

Les années 2000

Une décennie dramatique

L’institution a tout d’abord été terriblement marquée par la mort tragique d’Ilan Halimi, fils de Ruth, travaillant elle-même au FSJU. Auparavant s’était produit le 11 septembre. Ce jour-là, la perception du monde change et la menace terroriste devient mondiale. Nul n’est à l’abri. Le président Bush parle de lutte contre l’axe du Mal. L’Islamisme est reconnu comme danger international. Sont visés les Croisés et bien entendu les Juifs. En même temps, des rumeurs circulent accusant les Juifs qui, informés, auraient échappé au drame des Twin Towers du World Trade Center. Les années 2000 sont placées sous le signe terrible de la libération de la parole antisémite. Puis survient, après l’assassinat de militaires français, le drame de Toulouse. Monstrueux. Inacceptable. Insupportable. En France, des Juifs vivent aujourd’hui dans l’insécurité et la peur. Ils se tournent vers le FSJU, en quête de réponses, de solutions ...

Les départs de David de Rothschild et de David Saada

Les années 2000 sont marquées par la mise en place de nouveaux dirigeants, bénévoles et professionnels. Le président, David de Rothschild, et le directeur général, David Saada, après plus de 30 années à la tête de l’institution décident de quitter leurs fonctions. Leurs successeurs respectifs ont pour noms, Pierre Besnainou et Jacques Benichou. Huit années plus tard, Ariel Goldmann sera, à son tour, élu président du FSJU. La direction générale, confiée à la suite de Jacques Benichou à Robert Ejnes, est assurée par Patrick Chasquès. De nouvelles personnalités impriment un nouveau style, dans la continuité. Autour d’Ariel Goldmann, le trésorier est Daniel Elalouf et les vice-présidents, Régine Konckier, Gil Taïeb, Marc Zerbib.

Une institution dans un environnement mouvementé

S’adapter à l’environnement, comprendre les besoins pour y répondre, imaginer et innover, fédérer, élaborer des synergies, représenter la Communauté, sont plus que jamais les missions du Fonds Social Juif Unifié. La Communauté est confrontée à la montée de la pauvreté, du chômage. Le Fonds Social Juif Unifié renforce son rôle de tête de réseau associatif et, dans le même temps, multiplie les initiatives. Les années 2000 voient la création de programmes, comme Latalmid, des bourses cantines, ou encore les Fonds d’urgence solidaires tels Focus ou le Fus. Les demandes affluent de tous les secteurs. Le monde scolaire a besoin de financements. Il sera créé pour lui la Fondation Gordin avec des partenaires. Les associations de jeunesse sont souvent à court de ressources. Le FSJU devient le partenaire pour la France de Taglit et permet à 8500 jeunes Juifs de partir en Israël et d’y ressourcer leur identité. Le festival des cultures juives devient un événement culturel parisien majeur, inscrit au calendrier officiel de la Ville de Paris. Akadem, le campus culturel numérique, connait un énorme succès, en France et au-delà des frontières hexagonales. Le réseau des centres communautaires connait une nouvelle vie.

Le rapprochement avec la Fondation du Judaïsme Français

Sous l’impulsion de Pierre Besnainou et du Bureau Exécutif, un rapprochement stratégique s’opère avec la Fondation du Judaïsme Français. Pierre Besnainou en devient le président succédant à David de Rothschild. Patrick Chasquès en est le directeur général. Y sont créées les fondations FSJU, de la culture juive, de la solidarité juive, de la jeunesse juive, pour l’éducation juive. La Fondation du Judaïsme Français devient au fil des ans le premier partenaire financier du Fonds Social Juif Unifié, notamment grâce aux ressources apportées dans le cadre de la loi Tepa.

Une nouveau rapport à Israël

Des contraintes diverses amènent à une séparation avec le Keren Hayessod. L’organe de collecte de l’Agence juive était depuis 1968, associé au Fonds Social Juif Unifié, au sein de son département collecte, l’Appel Unifié Juif de France. Le Keren Hayessod crée une association française qui désormais collectera pour les programmes de l’Agence juive. L’analyse du FSJU dans sa relation très étroite avec Israël évolue. La philosophie est de se rapprocher des grandes associations et fondations israéliennes qui elles-mêmes travaillent au quotidien avec l’Etat d’Israël. Il s’agit d’être au plus près des besoins sociaux, éducatifs, culturels, pour y répondre avec efficacité, transparence et traçabilité. Les partenaires ont pour noms : Latet, Rashi, Yad Rachel, IDC, Joint…

Une nouvelle dynamique

Les années 2000 sont riches en défis pour le Fonds Social Juif Unifié qui demeure plus que jamais le pivot central de la communauté juive organisée. Après les événements de l’été 2014 qui ont vu un déferlement de violences anti-juives et anti-israéliennes dans plusieurs villes, les Juifs de France sont en attente de réponses. Il appartient à une institution aussi centrale que le FSJU de définir les priorités, d’indiquer le cap. Le judaïsme français doit être renforcé, l’identité des jeunes doit être fortifiée, l’accès à la culture juive développée et les services aux plus fragiles, aux exclus, à tous ceux qui en ont besoin, améliorés. Les échanges avec l’ensemble de la société française doivent s’intensifier, ainsi que le dialogue avec les pouvoirs publics, ceci dans les champs de responsabilité de l’institution. Le soutien à Israël doit être inlassablement réaffirmé.