Histoire du FSJU

Les années 50

Une communauté de survivants

Pendant les années 50, le judaïsme français soigne, autant que faire se peut, les plaies douloureuses, encore ouvertes de la Shoah.

Les premières années d'Israël, la reconstruction en France

L'avenir ne peut se concevoir sans lien avec le nouvel État d'Israël. Il y a d'ailleurs, dès 1950, une tentative de collecte de fonds commune au Fonds Social Juif Unifié et à l'Agence Juive.

L'aide de la communauté américaine et le rôle du "Joint"

L'appui décisif vient de la communauté américaine. Le concept d'un Fonds Social Juif Unifié est inspiré des fédérations américaines. Le Fonds Social Juif Unifié est créé comme un regroupement d'associations, comme un organe de collecte et comme un pôle d'impulsion et de planification.

L'urgence de l'heure : les orphelins, les réfugiés

Les enfants orphelins de la guerre sont la première préoccupation du Fonds Social Juif Unifié. Mais il y a aussi les adultes, les familles dispersées et disloquées et déjà, les premiers réfugiés, qui affluent d'Europe de l'Est, de Hongrie et d'Egypte après la crise de Suez.

La première structuration du dispositif social

Le dispositif social se structure alors autour des programmes d'action dictés par les urgences de l'heure: les maisons d'enfants qu'il faut créer ou développer et le service d'accueil et d'aide aux réfugiés. Le Fonds Social Juif Unifié crée en 1956 l'Association Sociale pour l'Habitat. L'ASH s'insère dans le cadre de la législation nouvelle à l'époque du 1 % logement.

Le premier centre communautaire

Un centre communautaire organisant des programmes culturels et artistiques tout en étant un lieu de rencontres, d'échanges, voire même d'étude, est un concept qui n'existait pas à l'époque en France. S'inspirant du modèle américain et l'adaptant à une autre réalité, le Fonds Social Juif Unifié invente le centre communautaire à la française dont le prototype est créé à Paris, rue Notre Dame des Victoires en 1955.

Le Bureau des spoliations mobilières

En 1958, le Fonds Social Juif Unifié crée le Bureau des spoliations mobilières pour obtenir du gouvernement allemand l'indemnisation des familles juives spoliées pendant l'occupation. En plus de 15 ans, le BSM va permettre à plus de 11000 familles d'être indemnisées. Un travail pris en compte par la commission Mattéoli.

Le plan Claims

Dès le début des années 50, le Fonds Social Juif Unifié estime que l'émergence d'une communauté nouvelle implique l'existence d'une politique culturelle active et créative. Une partie des fonds des réparations allemandes est consacrée à un plan d'action culturelle qui, en 10 ans, permettra l'ouverture de plus de 60 nouveaux locaux communautaires.

L'Arche et la commission du livre

D'autres innovations marquantes sont encore à relever pour cette décennie : le lancement de la revue du judaïsme français qui deviendra L'Arche et la commission du livre, présidée à l'époque par Manès Sperber qui, avec l'appui des éditions Albin Michel publie des auteurs juifs de qualité. La commission du livre se constituera plus tard en association sous le nom de Ménorah.

Les années 60

L'afflux de populations, les juifs d'Afrique du Nord

Les années 60 vont transformer très profondément la judaïcité française qui ,en quelques années, quadruple sa population avec l'arrivée des juifs de Tunisie, d'Algérie et du Maroc. La nouvelle configuration fait de la communauté française un cas unique parmi les communautés de la diaspora.

La guerre des six jours

A cette profonde transformation au plan de la démographie et de la sociologie du judaïsme français s'ajoute un choc psychologique et identitaire qui touche tous les juifs de France, quelle que soit leur origine : la guerre des six jours. Pour la première fois, les juifs sortent dans la rue en tant que juifs, pour exprimer collectivement leur solidarité avec Israël.

L'accueil exemplaire des réfugiés

L'action du Fonds Social Juif Unifié est pendant toute la décennie 60 dominée par la question de l'accueil des nouvelles populations. Dès 1961, après la crise de Bizerte, est créé le BIO, Bureau d'Information et d'Orientation, qui organise et coordonne l'accueil des populations déplacées. L' effort d'intégration communautaire conduit par le Fonds Social Juif Unifié est sans doute pour beaucoup dans le fait que la communauté ne connaît pas de fracture entre séfarades et ashkénazes.

Les premières prises en charge par les pouvoirs publics

Le travail social réalisé contribue à faire prendre conscience aux pouvoirs publics de l'existence d'un dispositif de solidarité efficace au sein du judaïsme français. Les jalons d'une plus grande coopération avec les ministères et les collectivités territoriales sont posés.

La suite du plan de développement culturel

La charge de l'accueil et de l'intégration des populations transplantées ne conduit pas le Fonds Social Juif Unifié à renoncer au développement des programmes culturels et éducatifs. Le plan mis en oeuvre se poursuivit jusqu'en 1964.

Le DEJJ

L'idée d'une dimension culturelle et éducative de l'intégration est présente dans l'esprit des responsables du Fonds Social Juif Unifié de l'époque comme le démontre l' expérience du DEJJ, mouvement de jeunesse créé au Maroc et littéralement transplanté en France à la demande du Fonds Social Juif Unifié pour aider à l'intégration des jeunes des familles récemment installées.

La création et le développement du CUEJ

La politique culturelle du Fonds Social Juif Unifié des années 60 ne manque pas d'audace. Elle se fonde sur l'idée défendue avec conviction et profondeur par Léon Askhénazi, que la pensée juive, celle des textes de la Tradition, n'a rien à envier aux brillantes élaborations intellectuelles de la philosophie occidentale Dans cette perspective est créé en 1965, le Centre Universitaire d'Etudes Juives, le CUEJ.

Les développements nouveaux dans l'éducation informelle

Le dispositif éducatif de la communauté hors Talmud Torah repose à cette époque sur les mouvements de jeunesse. Pour renforcer et étendre le dispositif, le Fonds Social Juif Unifié lance deux innovations. Les CCVL, Centres Culturels de Vacances et de Loisirs, offrent une formule de colonies de vacances rénovée. Le Service Technique pour l'Éducation, produit en direction de la jeunesse, matériel pédagogique, livres, documentations diverses.

La Coopération Féminine

En 1966 s'est créée la Coopération Féminine qui apporte un concept en rupture avec l'institution traditionnelle des dames de charité agissant en marge des responsables masculins. Très vite, les responsables de la coopération féminine s'investissent dans les instances dirigeantes du Fonds Social Juif Unifié.

Le Fonds Social Juif Unifié, structure naturelle de solidarité avec Israël

La guerre des six jours est le révélateur de la place centrale acquise par le Fonds Social Juif Unifié, non seulement grâce à son dispositif facilitant le rassemblement des forces vives, mais aussi par sa capacité à agir efficacement notamment en matière de collecte de fonds. Sous l'impulsion du Fonds Social Juif Unifié se crée, avec les autres grandes institutions un comité de coordination, véritable état-major de toutes les actions, manifestations, publications, initiatives diverses organisées pour aider Israël.

L'AUJF

L'idée d'une collecte unifiée, pour la communauté et pour Israël refait surface et conduit à la création de l'AUJF en 1968. C'est la création d'un organisme nouveau dans lequel le Fonds Social Juif Unifié et l'Agence Juive sont partenaires, ceci dans le cadre juridique et administratif du Fonds Social Juif Unifié.

Le CRIF

Créé au coeur même de la Shoah. La fin de la guerre des Six Jours et l'antisémitisme éprouvé par les juifs dans les pays arbaes sont détéminants pour faire entendre la voix de la communauté juive.

Le partage des rôles entre les grandes institutions

Le choc de 1967 conduit à la structuration effective de la communauté autour de trois grandes institutions: le CRIF pour la représentation politique, le Fonds Social Juif Unifié pour la coordination des programmes sociaux, culturels et éducatifs et leur financement et les Consistoires pour le culte.

Une nouvelle communauté

Au cours des années 60 une nouvelle communauté juive de France émerge. Mais le dispositif global dans lequel ce phénomène se produit et se développe a pour l'essentiel été préparé ou mis en place au cours de la décennie précédente notamment grâce à l'action du Fonds Social Juif Unifié.

Les années 70

Israël au coeur d'une identité juive, le combat pour la liberté des juifs d'URSS

Ce qui motive à l'époque la grande majorité des militants et les responsables communautaires est relativement peu en rapport avec les problèmes spécifiques de la communauté française. La solidarité avec Israël est au coeur des préoccupations avec en deuxième plan l'action pour la liberté des juifs d'URSS. Situation paradoxale pour le Fonds Social Juif Unifié qui, tout en étant à la pointe de ces grandes causes, poursuit néanmoins le travail à long terme engagé pour édifier "une communauté forte".

La structuration et l'extension du dispositif social

Le Fonds Social Juif Unifié procède dans les années 70 à l'extension du dispositif social, notamment dans les grandes villes de Province, Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice. A Paris, le suivi des populations récemment déplacées a été confiée au CASIP, pour décharger le COJASOR qui continue à assumer la charge de l'aide aux survivants de la Shoah et aux déplacés d'Europe de l'Est. Le travail social communautaire se professionnalise et un réseau d'assistantes sociales parfaitement formées se met en place.

Les initiatives en faveur des personnes âgées Clubs de l'amitié, maisons de retraite

Un effort particulier est entrepris pour les personnes âgées. Le Fonds Social Juif Unifié entreprend avec l'aide de l'ASH la construction de nouvelles résidences pour personnes âgées dans le sud de la France, à Marseille et à Nice, dont la gestion est prise en charge par le COJASOR. Parallèlement, sont lancés les Clubs de l'amitié avec la Coopération Féminine.

Le Centre Rachi

La décennie 70 est marquée par des initiatives majeures. Le centre Rachi est inauguré en 1973 et son rôle tant pour l'accueil des étudiants que pour faire rayonner la culture juive sous toutes ses formes dans la communauté s'avère capital.

Les accords de coopération avec l'Agence Juive

L'identité juive des années 70 s'exprime surtout dans la relation avec Israël. Une étape nouvelle et importante est franchie dans le développement des liens avec Israël par la signature en 1976, au delà de la collecte unifiée, d'un accord de coopération avec l'Agence Juive dans les domaines de l'enseignement de l'hébreu, de l'information sur Israël, et même de l'alyah. Les centres communautaires du réseau du Fonds Social Juif Unifié deviennent des bases locales pour l'application de ce plan sur le terrain.

Le Fonds d'investissements pour l'éducation

L'événement majeur de la période est le lancement du Fonds d'investissements pour l'éducation, partenariat entre le Fonds Social Juif Unifié et l'Agence Juive pour développer les structures éducatives de la communauté et notamment doubler en quelques années les effectifs des écoles juives.

Les grands rassemblements pour le soutien à Israël

La forte présence d'Israël dans l'expression collective de la communauté est massivement démontrée par les grands rassemblements de type "24 heures pour Israël" ou "Shalom Israël" qui se succèdent au cours de la décennie 70, et où le Fonds Social Juif Unifié est très présent et actif.

Le nouveau visage de la communauté

On parle volontiers à la fin des années 70 d'un "nouvel âge d'or " de la communauté juive de France. La nouvelle communauté juive de France semble se caractériser par un équilibre appréciable entre la vigueur dans l'affirmation de soi et la réussite de l'intégration dans la société.

La fin de l'Israélite français

Le passage du concept de l'israélite français à celui de juif de France est définitivement opéré.

Les années 80

La nouvelle pauvreté et le chômage

La satisfaction sereine de la fin des années 70 est ébranlée dès le début des années 80. Cinq facteurs provoquent un "changement d'atmosphère". Tout d'abord, la France s'enfonce dans une récessions durable qui se traduit par une aggravation du chômage et un retour de la précarité et de la pauvreté. Les difficultés économiques touchent d'abord les populations les plus fragiles comme celle des immigrés récents.

La montée de l'extrême droite

Le deuxième facteur est la montée de l'extrême droite et l'atmosphère malsaine que ce phénomène suscite dans la classe politique.

La question de la laïcité

Le troisième facteur est la résurgence de la question scolaire en France et la mise en question du statut de l'école privée religieuse.

La "recherche des racines"

Premier facteur endogène : le mouvement de Techouva, de recherche des racines qui dans bien des cas, y compris au niveau d'institutions importantes de la communauté conduit à une crispation identitaire et suscité des clivages jusque là inconnus ou très marginaux.

La modification de l'image d'Israël

Deuxième facteur endogène : à partir de 1982 avec la guerre du Liban, et le développement de l'Intifada, l'image d'Israël se détériore, y compris dans la communauté et le caractère de référence identitaire presque unique qu'est Israël tend à s'affaiblir.

Adapter le travail social communautaire à la crise économique

Le Fonds Social Juif Unifié des années 80 doit répondre à de nouveaux défis. Ils ne sont pas suscités par des événements spectaculaires mais se présentent comme des problèmes complexes dont la résolution immédiate n'est pas toujours aisée. Les programmes de solidarité, les méthodes de l'action sociale doivent évoluer.

L'insertion dans le dispositif social national

Les probl èmes nouveaux ne concernent pas la seule communauté juive et il faut davantage insérer l'action du Fonds Social Juif Unifié dans le dispositif social national. Pour la première fois, la communauté juive, à travers le Fonds Social Juif Unifié, est partenaire de plusieurs grandes fédérations catholique, protestante et laïque ainsi que de la Fondation de France pour créer en 1988 une institution d'envergure nationale, la Fondation France Active, destinée à participer à la lutte contre le chômage. Pour la première fois aussi, le Fonds Social Juif Unifié est officiellement reconnu dans son rôle de tête de réseau , par le ministère des affaires sociales qui lui attribue directement une subvention annuelle dans le cadre du Plan "Pauvreté - Précarité". Le Fonds Social Juif Unifié s'engage en contrepartie, avec les associations sociales adhérentes, à participer à la réalisation de la politique sociale menée par les pouvoirs publics.

La prise de parole sur les problèmes sociaux de la communauté

Le public et de nombreux responsables communautaires ont du mal à prendre conscience de l'existence de problèmes sociaux douloureux dans la communauté, liés à la misère, à la drogue, à la délinquance ou encore aux handicapés.

Le plan de formation des cadres communautaires

En 1981, le Fonds Social Juif Unifié lance un plan de formation des cadres communautaires afin de doter la vie associative de ressources humaines professionnelles.

La création de Radio Communauté

Toujours en 1981, le Fonds Social Juif Unifié crée une des premières radios juives, Radio Communauté qui, au plan du contenu des programmes et du professionnalisme de son équipe joue un rôle pilote auprès de la plupart des radios juives qui se créent par la suite en province. Par la suite Radio Communauté deviendra RCJ.

Le PACEJ, coopération Fonds Social Juif Unifié Grand Rabbin de France

En 1983, avec le Grand Rabbin Sirat qui vient d'être élu à la fonction de Grand Rabbin de France, est créé le Programme de Coopération pour l'Éducation Juive, le PACEJ qui, pendant quelque années, produit notamment d'indispensables manuels scolaires.

Les assises de la jeunesse

En 1984 se tiennent à Hyères les premières assises de la Jeunesse qui conduisent à la création du FIPE no 2 destiné à renforcer les structures de l'éducation informelle.

Création du DUEJ

En 1984, le Fonds Social Juif Unifié, le Centre Rachi et la Sorbonne mettent en oeuvre le Diplôme Universitaire d'Etudes sur le Judaïsme, le DUEJ, une innovation qui fera des émules dans d'autres universités.

Am Ehad

En 1985 est lancé un programme original de coopération avec Israël, à travers de nouveaux interlocuteurs : les responsables des collectivités locales et territoriales d'Israël. Le programme Am Ehad réalisent des jumelages entre communautés et villes d'Israël et permet d'intéressants échanges de jeunes.

Le mouvement intercommunautaire

De nouveaux responsables communautaires issus des mouvements de population des années 60 apparaissent dans les quartiers des grandes villes et dans les banlieues autour de nouvelles synagogues et associations culturelles. En Ile de France, sous l'égide du Fonds Social Juif Unifié, se constitue dès la fin des années 70 un mouvement de coopération, d'échanges, de réalisation en commun de programmes éducatifs et culturels qui se constitue plus tard en union intercommunautaire.

La reconnaissance d'utilité publique

La reconnaissance est obtenue en 1985.

La mise en place d'outils fédérateurs (GIC)

Parallèlement à la demande de reconnaissance d'utilité publique, les statuts du Fonds Social Juif Unifié subissent en 1984 une nouvelle modification qui renforce son rôle fédérateur grâce au regroupement des associations adhérentes dans le cadre des Groupements d'Intérêt Communautaire, les GIC.

Les tensions entre techouva et citoyenneté

Avec le recul, les années 80 semblent avoir été dominées par une problématique qu'on pourrait définir comme une tension, certes localisée dans une partie très minoritaire de la communauté, mais néanmoins réelle entre identité et citoyenneté ou entre Techouva et République.

La réponse du Fonds Social Juif Unifié

On pourrait résumer ainsi la philosophie qui sous-tend l' action du Fonds Social Juif Unifié : le renouveau identitaire du judaïsme français doit nécessairement être conduit en harmonie avec une intégration de la communauté dans la Cité réalisée sans complexe mais aussi sans ostentation.

Les années 90

Le spectre du communautarisme

Le spectre du communautarisme effraye la classe politique et médiatique française pendant la décennie 90 en raison surtout des problèmes liés à l'intégration des immigrés et de la montée de l'intégrisme musulman. Cette situation affecte parfois la perception que les pouvoirs publics peuvent avoir des organisations communautaires juives.

L'explosion du mouvement associatif

Plusieurs dizaines de milliers d'associations se créent chaque année en France. Ce phénomène modifie profondément la conception jacobine de la citoyenneté qui veut qu'entre l'Etat et le citoyen, il y ait le moin possibles de corps constitués. L'association acquiert dans la décennie 90 une légitimité citoyenne. Pour la communauté, dont les structures sont associatives, cette évolution est de nature à favoriser son intégration dans la Cité.

La persistance de la crise économique

Au plan économique et social, la période est dominée par l'aggravation de la crise, par la poursuite de la montée du chômage, par la réapparition d'une misère qui se voit désormais dans les rues des villes. Une situation qui va amener le Fonds Social Juif Unifié à accentuer ses efforts en matière de solidarité communautaire.

La chute du mur de Berlin, le processus de paix, la croissance économique d'Israël

Des événements majeurs se produisent au plan international. L'effondrement du bloc soviétique et l'alyah massive des juifs de l'ex URSS, la mise en oeuvre difficile du processus de paix au Proche Orient et la croissance économique d'Israël contribuent à modifier l'image de l'Etat juif.

Le réseau Ezra

Les pr ésidents et administrateurs des communautés des banlieues des grandes villes sont confrontés, de plus en plus à des situations sociales graves et mesurent les limites d'une aide ponctuelle. Les services sociaux communautaires constatent, pour leur part, que de nombreuses familles en difficulté ne se tournent pas volontiers vers eux, ni d'ailleurs vers l'aide publique. Un lien permanent entre les communautés locales et les services sociaux est créé en 1990, le réseau Ezra. Son action repose presque pour l'essentiel sur des bénévoles formés à l'accueil social, appuyés par des professionnels.

L'appel national pour la tsedaka

L'initiative du GIC social, est lanc é en 1992 l'appel national pour la tsédaka. La campagne tsédaka avec la participation active de tous les médias, avec ses centaines de centres de dons, avec ses dizaines d'écoles et de mouvements de jeunesse mobilisés, avec l'appui des Consistoires et des organisations religieuses, avec ses mille bénévoles, est devenu un rendez-vous communautaire national incontournable.

Le plan Emploi Jeunes

La fin de la décennie 90 a été marquée par la signature, entre le ministre de la Solidarité et le Fonds Social Juif Unifié, d'un accord-cadre permettant aux associations de la communauté de bénéficier du Plan Emploi Jeunes. L'objectif : faciliter la création d'emplois dans les associations et obtenir à ce titre des subventions sur une durée de cinq ans. Plus de 250 emplois ont été créés notamment dans l'éducation formelle et informelle, ce qui renforce considérablement la capacité opérationnelle de nombreuses associations.

L'institut André Neher

Le Fonds Social Juif Unifié s'est employé à doter la communauté d'un centre de formation d'enseignants. L'institut André Neher est créé en 1993 et obtient du ministère de l'éducation nationale le statut de Centre de Formation Privé, ce qui lui permet, pour certaines catégories d'enseignants, de délivrer des diplômes d'État et de bénéficier d'un financement public. Des établissements de toutes les tendances ont recours à ses services.

Le plan de stabilisation de l'école juive

L'exigence de qualité de l'enseignement concerne aussi les programmes d'enseignement général. La meilleure garantie qui puisse être donnée aux parents d'élèves est le contrat d'association avec l'État. Le contrat d'association permet le financement public des programmes d'enseignement général. L'obtention de postes sous contrat devient au milieu des années 90 particulièrement difficile en raison de restrictions budgétaires, et cette situation met l'école juive en danger d'asphyxie financière. Le Fonds Social Juif Unifié négocie, au nom de l'ensemble des réseaux scolaires réunis dans une commission de concertation, avec le ministère de l'Education Nationale un plan de stabilisation de l'école juive qui apporte chaque année une aide aux établissements scolaires en difficulté. L'exigence de qualité touche aussi les centres communautaires qui entreprennent, du moins pour les plus grands d'entre eux, de se rénover ou de se reloger dans des locaux plus spacieux et mieux adaptés. Toulouse, Marseille, Paris, Lyon disposent aujourd'hui d'équipements réalisés grâce à une mobilisation remarquable de bénévoles enthousiastes et de donateurs généreux.

Le nouvel Espace Rachi

La restructuration de l'Espace Rachi participe de ce mouvement mais repose sur un concept différent et nouveau dans la communauté : celui de l'installation de sièges de grandes organisations communautaires au coeur d'un lieu public d'activités culturelles et éducatives.