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Différents mondes ou règnes -
minéral, végétal, animal, humain - interfèrent sur terre, mais
tous sont indispensables à l'équilibre général, et tous doivent
se respecter mutuellement. L'ensemble est censé se mettre au
service d'une évolution positive et permettre une construction
terrestre exemplaire. |
Chacun de ces mondes est mis en valeur par un début d'année:
- L'ensemble de l'humanité célèbre son nouvel an le 1er Tichri à
Roch Hachana, date anniversaire de la création de l'être humain.
- Le peuple juif célèbre son nouvel an le 15 Nissann, à Pessa’h,
anniversaire de la formation du peuple dans le désert, après
l'expérience de l'esclavage égyptien.
- Les animaux ont leur fête au mois d'Eloul, en tant que créatures à
respecter, bien qu'au service de l'homme; cette fête est tombée en
désuétude depuis la destruction du Temple, dans la mesure où les
offrandes sont devenues impossibles.
- Les arbres sont célébrés à Tou Bichevat, le 15 du mois de Chevat,
au moment où, en Israël - qui est la référence millénaire du peuple
juif -, la majorité des pluies est déjà tombée et permet un réveil
prochain de la Nature. Dès Tou Bichevat, on commence à voir poindre
les bourgeons sur les arbres, puis à admirer les premiers amandiers
en fleurs...
Chacun de ces éléments est respecté en tant que source de vie unique
et indispensable. Certes, la Nature, les animaux et les hommes sont
placés à des niveaux différents, mais chacun est respectable. Nous
n'avons pas attendu les mouvements écologistes pour savoir défendre
et respecter les arbres. Dès l'origine, lorsque le premier homme a
été placé sur terre, il a eu pour devoir de "travailler et
conserver" le "jardin d'Eden" dans lequel il avait été placé (Berèchit,
Genèse, Il.15). On voit dans le récit de la Genèse également que
chaque arbre a sa fonction et mérite d'être respecté: l'un donne la
connaissance du Bien et du Mal, l'autre est essence de Vie, etc.
Il n'est donc pas étonnant que la Nature connaisse son Chabbat, au
même titre que l'homme, que la terre soit laissée en friche et
l'arbre au repos tous les sept ans. Il n'est pas étonnant non plus
que la Torah nous demande explicitement de ne pas détruire les
arbres, même au cours d'une guerre:
"Lorsque, combattant une ville, tu l'assiègeras pendant de
nombreux jours pour t'en emparer, tu n'en détruiras pas les arbres
en élevant sur eux la cognée: c'est d'eux que tu te nourriras, tu ne
les abattras point".
Devarim (Deutéronome) XX,19
Si l’écologie est une notion dont nous entendons parler depuis peu,
cela ne signifie pas que le judaïsme ne s’en soit pas préoccupé.
Le respect de l’environnement est une notion capitale. Tou Bichevat
est une fête qui rapproche l’homme et sa dimension spirituelle à la
nature qui le nourrit. Respecter l’arbre qui donne des fruits est une
manière de s’assurer un moyen de subsistance.
Dans Chemot Rabba 35, on peut lire : « Dieu t’enseigne comment se
conduire : si un homme veut se construire une maison en bois
d’arbres fruitiers, dis lui que Dieu a qui tout le monde appartient,
ne s’est fait construire qu’une maison avec du bois d’arbres ne
donnant pas de fruit, un homme a plus forte raison ».
(Avec le concours de Darki, une publication du Keren Hasefer
Ve-halimoud, édité par le STE, disponible chez Biblieurope)
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