Fonds Social Juif Unifié
 
La timbale revenue !

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I

l était une fois un marchand juif qui était parti à Damas avec la grande caravane, pour vendre là-bas sa marchandise et aussi y acheter des produits dignes de faire l'objet d'un commerce dans la ville où il habitait, Bagdad.

 

V

oilà qu'à peine la caravane sortie des régions habitées pour traverser le désert qui s'étend entre l’Euphrate et Damas, des brigands bédouins l'attaquèrent et dévalisèrent tout son chargement. Après bien des tribulations, les gens de la caravane parvinrent à regagner les rives de l'Euphrate et de là, chacun s'en retourna chez soi.

C

'est ainsi que le marchand juif perdit toute sa fortune et se retrouva ruiné. Il revint chez lui dans un complet dénuement et se vit contraint de vendre un à un tous les objets qu'il possédait pour nourrir sa maisonnée et lui même. Les Journées Austères approchaient et il ne restait plus chez lui comme objet de valeur que la timbale d’argent du kiddouch qu'il avait héritée de son père, et son père de son grand-Père.

L

'homme ménageait cette timbale précieuse et espérait la clémence des cieux. Mais son espérance fut vaine. Et comme Roch Hachana approchait, il prit la timbale et la vendit. Il pensait qu’avec le produit de la vente, il pourrait acheter les denrées nécessaires pour les fêtes.

L

e même soir, un étranger frappa à sa porte, lui transmit les salutations d'un parent éloigné et lui demanda l'hospitalité. L'homme fit entrer l’étranger chez lui et remplit généreusement son devoir d’hospitalité.

U

n jour suit l'autre ; l'invité s'installe, mange et boit. L'argent que l'homme a reçu comme prix de la timbale du kiddouch vendue va s'épuisant.

P

our le chabbat, en l'honneur de l'invité, l'homme dut dépenser son dernier sou, tout en se gardant bien de laisser transparaître sur son visage le moindre signe de préoccupation. Après la havdala, à la fin du chabbat, l'invité exprima le désir de sortir de la maison, et ne revint pas. L'homme était stupéfait de cette conduite et ne savait s'il devait se réjouir du départ de l'invité ou s'attrister de la perte de l'argent qu'il destinait pour les fêtes.

L

e lendemain matin, il se leva le coeur lourd. Se dirigeant vers la porte, il vit un petit paquet déposé à côté du seuil. Il ouvrit le paquet, et voilà qu'il vit la timbale du kiddouch, qu'il avait vendue. Elle était pleine de dinars en or. L'homme comprit alors qu'il avait donné l'hospitalité au prophète Elie et que celui-ci l'avait éprouvé afin de le récompenser au centuple !
 

(Conte d’origine irakienne. Autrefois, la communauté juive irakienne était très prospère. En 1948, on dénombrait à Bagdad plus de 63000 Juifs. Ils ne sont plus que 26 aujourd’hui).

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