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C’est un instrument à vent composé traditionnellement d’une corne de bélier (il rappelle la mise à l’épreuve d’Abraham, quand Dieu lui a demandé de sacrifier son fils Isaac. Au dernier moment Dieu a arrêté son geste. En remerciement, Abraham a élevé un autel pour y sacrifier un bélier). La Mishna précise qu’on peut aussi utiliser la corne de tout animal casher (mouton antilope, gazelle, excepté la corne d’un bœuf et d’un gros bétail).
La sonnerie de shofar retentit tous les jours du mois d’Eloul, au cours de l’office du matin, et jusqu’à Kippour.
Dans l’antiquité, le shofar servait de trompette : il permettait d’annoncer un incendie, une invasion ou une épidémie. A Rosh Hashana, jour du jugement, il est une alarme pour les consciences.
En Babylonie, le pouvoir interdisait l’usage du shofar, de crainte que la sonnerie ne fût le signal d’une insurrection. Des gardes étaient dépêchés dans les synagogues, au début de l’office de Rosh Hashana, pour s’assurer de la docilité des Juifs. Après les premières heures de la fête, les gardes s’en allaient, convaincus que les hommes en prière n’appelleraient plus à la révolte. Aussitôt, les Juifs sonnaient de la corne.
Le shofar qui retentit à l’issue du jeûne de Kippour n’est pas une alarme. Il évoque le shofar du Jubilé qui, tous les cinquante ans, annonçait la libération des esclaves, le renoncement aux dettes et le retour des terres à leurs premiers propriétaires.
Le Jubilé commençait immédiatement après Kippour. C’est pour s’en souvenir qu’à l’issue du jeûne, après ces instants particulièrement émouvants et solennels où nous affirmons l’unicité de Dieu et son règne, le shofar retentit. À cet instant, il n’est plus question de Kippour, ni de «teshouva » (retour à Dieu), ni de jeûne ; on se souvient simplement qu’aux temps anciens l’année du Jubilé était annoncée par le shofar résonnant dans tout le pays d’Israël.
On a aussi l’habitude de sonner du shofar pour commémorer un événement exceptionnel (le jour où les troupes israéliennes ont libéré Jérusalem, par exemple). Depuis 1949, la prestation de serment de tout nouveau président de l’Etat d’Israël s’accompagne d’une sonnerie symbolique du shofar.
La personne qui sonne le shofar fait entendre 4 types de sons distincts :
• Tekia : son long continu.
• Téroua : son court (3 téroua peuvent être entendus pendant la durée d’un tékia).
• Shevarim : série de 9 sons saccadés.
• Tékia guédola : sonnerie majeure, longue et continue. A Kippour, elle marque la fin du jeûne.
Les kabbalistes insistent sur l’importance des sonneries du shofar, auxquelles ils attribuent le pouvoir de substituer à la rigueur du jugement, la douceur de la miséricorde
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