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Devenir un Juif libre

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Pessa'h vient célébrer la fin de l'esclavage subi par le peuple hébreu pendant 210 ans dans l'Egypte des Pharaons. Le terme même de Pessa'h indique le point de déclenchement qui a fait basculer le peuple hébreu de l'état d'esclaves à l'état d'hommes libres. Il rappelle l'agneau qui devait être immolé par chaque famille à la veille de la sortie d'Egypte, et il signifie d'autre part "a enjambé, est passé par-dessus". Il s'agit, dans le deuxième cas, de la mort qui a épargné les familles qui avaient marqué le linteau de leur maison du sang de l'agneau, ou, d'une manière plus imagée de Dieu, qui "est passé par-dessus" les maisons marquées du signe, en les épargnant.
En d'autres termes, il semblerait que l'acte du sacrifice pascal ait été nécessaire pour pouvoir être libéré du joug égyptien. En quoi revêt-il une telle importance ?

Replaçons-nous dans l'atmosphère de l'époque : l'agneau était un animal sacré pour les Egyptiens, oppresseurs du peuple hébreu. Immoler le Dieu de ses oppresseurs, en marquer sa porte extérieure de son sang, était, à l'époque, une preuve de courage extraordinaire et une manière d'exprimer sa foi. Cet acte était nécessaire pour se montrer prêt à être libéré: Il venait affirmer la volonté de se défaire de la culture dans laquelle le peuple hébreu avaient baigné pendant plus de deux siècles, la volonté de fouler aux pieds tous les dieux étrangers, et surtout la volonté de placer sa confiance dans le Dieu Unique. En réponse, Dieu épargna de la mort les familles qui manifestèrent ainsi leur foi, en "passant par-dessus leurs maisons".

Il faut mériter d'être libéré et le manifester par un acte afin de prendre conscience de la portée de l'événement. Car être libre, ce n'est pas se laisser aller au gré des événements, c'est prendre son sort et son avenir en mains et le diriger en toute conscience. Ce qui était impossible sous l'oppression égyptienne devient possible au lendemain d'un acte de rébellion significatif d'un état d'esprit indépendant et d'une pensée propre. Pour des personnes réduites à la condition de sous-hommes, cela demandait un courage, une force morale et une foi particulière en Dieu. Seuls ceux qui montrèrent ces traits de caractère furent dignes d'être sauvés et de participer à la formation d'un peuple aux lois morales, le peuple d'Israël.

Dans le même ordre d'idées, "se libérer" au niveau individuel, ce n'est pas simplement rejeter toute chaîne et toute loi pour agir selon les besoins du moment. Car, alors, on risque d'en venir à n'être dirigé que par ses instincts et ses désirs. Au contraire, la libération telle qu'elle nous apparaît à travers la fête de Pessa'h implique la suprématie de la raison et de l'esprit sur nos autres penchants. Car l'esprit est le propre de l'homme par rapport à l'animal. Pour un Juif, se libérer, c'est se défaire de toutes les fausses valeurs qui risquent de le déshumaniser pour choisir librement une voie morale et spirituelle qui rehaussera le niveau de l'humanité.


(Avec le concours de Darki, une publication du Keren Hasefer Ve-halimoud, édité par le STE, disponible chez Biblieurope).

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