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La table juive
Auteur : Martine Chiche-Yana
Editeur : Edisud
Prix : 20,58 €
311 Pages
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La table occupe dans le judaïsme une place très importante. La
table juive n'est pas seulement un lieu de convivialité, mais
aussi un endroit où s'affirme la relation avec Dieu, c'est pour
cela que l'on prononce une bénédiction avant et après avoir mangé. À Pessa'h,
les plats cuisinés pendant toute la durée de la fête ne comportent,
bien entendu, aucun ingrédient 'hamets.
Après la lecture de la Haggadah, le repas est une fête, souvent
traditionnelle. Les recettes sont immuables, de génération en
génération, avec la vocation de marquer les esprits et surtout celui
des plus jeunes. Ces coutumes, de l'avis des rabbanim, ont autant
d'importance que les obligations religieuses de la fête.
Pessa'h, fête du printemps, se célèbre sous le signe du renouveau.
Ce principe se retrouve dans les aliments qui composent le menu.
Des légumes verts, des soupes de fèves, des ragoûts de petit pois
sont présents dans l'ensemble du monde oriental.
Les fèves fraîches apparaissent dans de nombreux plats : Les "avikas
frescas" des Juifs turcs, soupe de fèves ou "skiya" des Juifs
d'Algérie, ainsi que d'autres légumes nouveaux comme les artichauts,
avec les salades d'artichauts, les ragoûts d'artichauts ou les
artichauts farcis des Juifs d'Egypte, le chou dans des plats nommés
"larcha" et "tarfifa".
Lors des repas, dans toutes les communautés, on évite de consommer
les herbes présentes sur le plateau du séder, puisqu'elles expriment
les vicissitudes du peuple juif en exil.
Dans la plupart des pays d'Afrique du Nord, on commencera le repas
par diverses salades, pour continuer avec un plat complet composé de
multiples légumes frais et en majorité verts, accompagnés de viande
d'agneau ou de boeuf, et dans lequel est ajoutée de la matsa.
Les Juifs tunisiens se régalent avec le "msoki", sorte de ragoût de
légumes, et le "fadd" d'agneau.
Chez les Algérois, on sert un mets semblable, la "sqiya", plat de
légumes et viande et matsot brisées.
Les Juifs gréco-turcs accommodent les légumes verts de diverses et
délicieuses façons sous forme de boulettes de légumes, et c'est une
profusion de "yapraks", "boligas" ou "albondigas", "tchouflettes".
Dans le monde ashkénaze, les pays de l'est de l'Europe, il fait
encore froid à cette époque. La nature s'éveillant à peine, les
légumes verts étaient autrefois peu présents sur le marché. Le repas
du séder commence en général par une soupe chaude contenant des
boulettes de farine de matsa : "les kneidlers".
En Russie, par exemple, on commence par une soupe aux oeufs durs,
froide et rafraîchissante, suivie, du poisson farci.
La plupart des sépharades terminent solennellement les huit jours
de Pessa'h par une soirée particulière ou mimouna. On décore la
maison de fleurs et de végétaux. En Egypte ou en Tunisie, on accrochait
en hauteur de la verdure.
Après l'apparition des trois étoiles dans le ciel, on range la
vaisselle de Pessa'h et on entame, particulièrement chez les
Marocains, le rituel de la mimouna et son couscous au beurre.
Ces traditions marquent symboliquement le retour à l'ordre ordinaire
des choses dans la joie et la bonne humeur. On fête la mimouna en
musique, on se rend mutuellement visite, on se souhaite une bonne
année.
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Biblieurope)
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